La Bohême



Le Grenier Généalogique
Juin 2003

Je vous parle d'un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître
Montmartre en ce temps-là
Accrochait ces lilas
Jusque sous nos fenêtres
Et si l'humble garni
Qui nous servait de nid
Ne payait pas de mine
C'est là qu'on s'est connu
Moi qui criait famine
Et toi qui posait nue.

La bohème, la bohème,
Ça voulait dire on est heureux
La bohème, la bohème,
Nous ne mangions qu'un jour sur deux.

Dans les cafés voisins
Nous étions quelques uns
Qui attendions la gloire
Et bien que miséreux
Avec le ventre creux
Nous ne cessions d'y croire
Et quand quelque bistro
Contre un bon repas chaud
Nous prenait une toile
Nous récitions des vers
Groupés autour du poêle
En oubliant l'hiver.

 


Le Grenier Généalogique - Paris, le Vieux Monmartre, La Rue de la Barre
Paris, Le Vieux Monmartre, La Rue de la Barre

La bohème, la bohème,
Ça voulait dire tu es jolie
La bohème, la bohème,
Et nous avions tous du génie.

Souvent il m'arrivait
Devant mon chevalet
De passer des nuits blanches
Retouchant le dessin
De la ligne d'un sein
Du galbe d'une hanche
Et ce n'est qu'au matin
Qu'on s'asseyait enfin
Devant un café crême
Épuisés mais ravis
Fallait-il que l'on s'aime
Et qu'on aime la vie.

La bohème, la bohème,
Ça voulait dire on a vingt ans
La bohème, la bohème,
Et nous vivions de l'air du temps.


Quand au hasard des jours
Je m'en vais faire un tour
A mon ancienne adresse
Je ne reconnais plus
Ni les murs, ni les rues
Qui ont vu ma jeunesse
En haut d'un escalier
Je cherche l'atelier
Dont plus rien ne subsiste
Dans son nouveau décor
Montmartre semble triste
Et les lilas sont morts.

La bohème, la bohème,
On était jeunes, on était fous
La bohème, la bohème,
Ça ne veut plus rien dire du tout...


Merci Monsieur
Charles AZMAVOUR !

Les Regrets : "Heureux qui comme Ulysse..." - Le Grenier Généalogique - Juin 2003